Les premiers amateurs de café

Les premiers amateurs

Au milieu du 16e siècle, on a déjà coutume de boire du café en Égypte, en Syrie, en Perse ou en Turquie. Cela commence par des colporteurs qui proposent du café aux passants, puis on trouve des débits de café dans les villes de Médine, le Caire, Bagdad, Alexandrie, Damas et Istanbul. On sait qu'en 1555, deux syriens, un alépin et un damascain, nommés Shems et Heleem ouvrent dans le quartier de Talchtacalah le premier débit de café d'Istanbul, deux petites maisons de café à l'image de celles qui existent dans leur lointaine patrie et ils se mettent à vendre du café préparé à la mode de leur pays.

 

Leurs premiers clients, des érudits et des poètes du voisinage auxquels se mêlent volontiers quelques joueurs d'échecs, sont littéralement séduits par cette nouvelle boisson. La renommée de celle-ci franchit rapidement les limites du quartier et, très vite, les deux commerçants connaissent un succès qui dépasse, de très loin, leurs plus folles espérances. On fait la queue chez eux, du matin au soir, pour goûter ce breuvage étonnant, si parfumé, qui rend euphoriques les plus taciturnes et qui réveille les plus apathiques. Les deux seuls cafés publics d'Istanbul ne désemplissent pas et bientôt ils ne suffisent plus à contenter les amateurs, chaque jour plus nombreux. En quelques années, la ville comptera plusieurs centaines de café.

 

C'est à l'ambassadeur de Venise à Istanbul, Gian Francesco Morosini, que l'on doit, en 1585, le premier rapport sur la consommation du café. Les Turcs, raconte-t-il, ont l'habitude de " boire dans les lieux publics et même dans la rue un liquide noirâtre, brûlant, extrait d'une plante qu'ils appellent " cafetier " et qui a la propriété de tenir éveillé "

 

Au début du 17e siècle, Piero Foscarini décrit, non sans une certaine ironie, les cafés d'Istanbul comme " des lieux où s'agglomère une foule d'oisifs et de bavards velléitaires qui n'ont d'autre occupation que de consommer, de jouer aux cartes ou aux échecs et de médire sans fin, une pipe à la main, contre le gouvernement, ses ministres et même contre le Grand Turc... " A la même époque, les guerriers turcs de Soliman le Magnifique, à l'apogée de sa gloire, font connaître leur boisson aux peuples des Balkans, d'Europe Centrale, d'Afrique du nord et d'Espagne, au fil des conquêtes.

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